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Détails: Catégorie : Romans historiques | Publication : 18 octobre 2017 | Affichages : 491

Le Roseau sucré

Collection « Terres de France » , Les Presses de la Cité, 2013

1843. Marseille. Quelles promesses attendent ceux qui débarquent pour fuir l’île de la Guadeloupe ravagée par un séisme? La cité phocéenne est devenue une terre d’asile pour des êtres tels Joseph et son petit garçon Toussaint qui ont fui leur condition d’esclaves dans les plantations de canne à sucre, telle encore Vénus, enceinte, qui veut assurer à son enfant un avenir meilleur.

Entre les cheminées d’usines et celles des bateaux à vapeur, Marseille cherche encore sa respiration mais l’industrialisation permet tous les espoirs. Dans bien des domaines l’artisanat le cède progressivement à la machine à vapeur. Joseph trouve du travail dans la sucrerie Saint-Charles à la Belle de Mai. Il y découvre la douloureuse condition ouvrière dans un monde de Blancs et doit faire face de façon dramatique à la médisance et à la jalousie…

A La Guadeloupe dans la commune du Moule, le monde des « habitants-sucriers », à la fois planteurs et raffineurs, est bouleversé par les conséquences du séisme et doit se remettre en question. Là aussi la première « usine » fait son apparition. Les esclaves commencent de se révolter…

En métropole comme dans les colonies, partisans et adversaires de l’esclavage s’opposent farouchement…

Marseille en pleine mutation découvre l’eau courante… et la violence. Joseph tente pourtant sa chance et brave tous les dangers : l’un d’eux pourrait bien se nommer Vénus…

Dans cette fresque, le lecteur découvre la complexité des rapports entre maître et esclave, entre « sang-mêlé » et blancs, entre ouvriers et patrons tant dans les colonies qu’en métropole. Tout en partageant la vie quotidienne des marseillais et des aixois au XIXe siècle, il participe aux débats du temps, particulièrement à la longue lutte des partisans de l’abolition, y compris dans les loges maçonniques très divisées à ce propos.

Un livre sur la liberté qui esquisse une question fondamentale: ce n'est pas parce qu'on est libéré de ses chaines qu'on est un homme libre dans la société et au plus intime de soi.