Copyright 2021 - Laurence Fritsch

Le Roseau sucré

Collection « Terres de France » , Les Presses de la Cité, 2013

1843. Marseille. Quelles promesses attendent ceux qui débarquent pour fuir l’île de la Guadeloupe ravagée par un séisme? La cité phocéenne est devenue une terre d’asile pour des êtres tels Joseph et son petit garçon Toussaint qui ont fui leur condition d’esclaves dans les plantations de canne à sucre, telle encore Vénus, enceinte, qui veut assurer à son enfant un avenir meilleur.

Entre les cheminées d’usines et celles des bateaux à vapeur, Marseille cherche encore sa respiration mais l’industrialisation permet tous les espoirs. Dans bien des domaines l’artisanat le cède progressivement à la machine à vapeur. Joseph trouve du travail dans la sucrerie Saint-Charles à la Belle de Mai. Il y découvre la douloureuse condition ouvrière dans un monde de Blancs et doit faire face de façon dramatique à la médisance et à la jalousie…

A La Guadeloupe dans la commune du Moule, le monde des « habitants-sucriers », à la fois planteurs et raffineurs, est bouleversé par les conséquences du séisme et doit se remettre en question. Là aussi la première « usine » fait son apparition. Les esclaves commencent de se révolter…

En métropole comme dans les colonies, partisans et adversaires de l’esclavage s’opposent farouchement…

Marseille en pleine mutation découvre l’eau courante… et la violence. Joseph tente pourtant sa chance et brave tous les dangers : l’un d’eux pourrait bien se nommer Vénus…

Dans cette fresque, le lecteur découvre la complexité des rapports entre maître et esclave, entre « sang-mêlé » et blancs, entre ouvriers et patrons tant dans les colonies qu’en métropole. Tout en partageant la vie quotidienne des marseillais et des aixois au XIXe siècle, il participe aux débats du temps, particulièrement à la longue lutte des partisans de l’abolition, y compris dans les loges maçonniques très divisées à ce propos.

Un livre sur la liberté qui esquisse une question fondamentale: ce n'est pas parce qu'on est libéré de ses chaines qu'on est un homme libre dans la société et au plus intime de soi.

La faïencière de Saint-Jean

Collection « Terres de France » production Jeannine Balland, Les Presses de la Cité, 2003, Pocket 2005

Avec la complicité technique du faïencier marseillais Marcel Figuères

 

Hiver 1774, Marseille. La veuve Pasquin signe un acte d’association qui scelle l’avenir de la faïencerie la plus renommée de la ville. Elle a tout prévu pour assurer la postérité de l’œuvre de sa vie. Tout ! A un détail près : sa fille Anne, ouvrière qui nourrit sa reine, sans jamais recevoir de reconnaissance.

Dans la cité phocéenne dynamisée par le commerce avec le Levant, l’artisanat est devenu une industrie. Il faut faire preuve de créativité et d’audace… Comme Adrien Morvan, faïencier nivernais qui n’hésite pas à faire monter les enchères en s’installant sur la colline de Saint-Jean-du-Désert. Une initiative qui risque de lui coûter cher dans une époque troublée où tout est bon pour éliminer ses concurrents…

Dans ce roman, soutenu par un travail de documentation historique rigoureuse, se mêlent étroitement dans l’exaltation des cinq sens le modelage de la terre, la chaleur du feu et de la passion, le brouhaha du port et les rites chers à la Provence. Une histoire d’amour, d’ambition et de tradition.